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Le communautaire à boutte : les Laurentides visibles grâce à une pieuvre géante créée localement

 

Saint-Jérôme, 15 septembre 2026. En cette journée de grande mobilisation, les organismes communautaires des Laurentides ont rejoint à Trois-Rivières un contingent de milliers de personnes venues de partout au Québec. C’était l’occasion pour le Réseau des femmes des Laurentides (RFL) de mettre en action un symbole fort et incontournable pour les groupes féministes, ainsi qu’un phare pour les groupes communautaires : un point de repère clair pour se retrouver, être ensemble et solidaires. La pieuvre géante, créée au sein du RFL et nommée « Octavie », munie de huit bras comme les huit MRC des Laurentides, a permis aux manifestant.es de se regrouper sous les mouvements de son immense tête rouge. « Nous avions envie, comme région et comme groupes féministes, d’être éclatantes dans la foule des manifestations. On voulait un emblème créatif et vivant, qui nous ressemble. On se reconnaît souvent comme des pieuvres : multitâches, polyvalentes, et avec beaucoup de cœur ! La pieuvre a trois cœurs et neuf cerveaux, ce qui la rend très autonome et flexible », explique Isabelle Thibault, coordonnatrice du RFL.

Avec le Regroupement des organismes communautaires des Laurentides (ROCL), le RFL collabore à la coordination des actions régionales pour la campagne Le communautaire à boutte. « Pour nous, les revendications sont éminemment féministes. Quand on parle d’obtenir de meilleures conditions de travail pour un secteur d’emploi composé majoritairement de femmes, sous-payé et peu considéré, il faut que cette réalité se transforme en engagements fermes pour l’égalité et pour l’inclusion des personnes marginalisées ! On ne parle pas assez de tout ce qu’apporte l’action communautaire autonome comme innovation sociale. C’est un modèle québécois unique qui devrait être une fierté nationale ! », renchérit Sophie Gilbert, responsable du développement.

Les revendications

  • Des conditions de travail décentes pour les travailleuses et les travailleurs du communautaire.
  • Un financement suffisant à la mission.
  • Une reconnaissance pleine et entière des organismes.
  • La protection de l’autonomie et la fin du financement précaire.
  • Investir dans le modèle communautaire comme pilier stratégique.

 

La symbolique expliquée par l’artisane Linda Déry, retraitée du communautaire :

« La pieuvre possède trois cœurs et neuf cerveaux : un cerveau central et un cerveau dans chacune de ses huit tentacules, ce qui fait que chaque tentacule est autonome, tout comme les groupes présents dans chacun des huit territoires de MRC de la région. Ces huit territoires tentacules sont reliés à la tête, qui représente le quartier général des réflexions, analyses et actions collectives. Les groupes de femmes membres du RFL sont des organismes avec chacun leur autonomie propre, leurs couleurs et leur rayonnement. C’est pourquoi le dessous des tentacules est coloré et fabriqué à partir d’une technique de patchwork, afin de rappeler cette autonomie propre à chacun des groupes. Ces organismes sont tous reliés au RFL par des valeurs et des stratégies communes. C’est pourquoi le dessus des tentacules est assez uniforme, avec des couleurs communes qui les unissent, les renforcent et les solidarisent. Les tentacules représentent aussi, à l’image des femmes et des groupes de femmes, tout le travail de contorsion pour survivre, avancer et s’adapter, ainsi que les multiples tâches qui se font souvent en même temps, tout en étant présentes aux besoins de leur milieu et de leur environnement. Ce travail se fait sans relâche, et avec cœur. »