Avec l’intention d’écrire un communiqué de presse qui met en lumière l’impact néfaste pour les femmes du manque de logements sociaux ou abordables, ma recherche me mène à de nombreuses études qui vont toutes dans le même sens : la crise du logement affecte davantage les femmes et les rend encore plus vulnérables, notamment aux violences conjugales et sexuelles. Sans compte les risques de se retrouver en situation d’itinérance ! Je sais déjà tout ça, car depuis longtemps, les femmes, qui ont en général moins de revenus, vivent ce genre de défi ordinaire et ce stress de trouver un lieu sécuritaire où vivre. Dans mon travail, lors de nos échanges avec les groupes, une panoplie d’exemples et témoignages crève-cœur nous sont rapportés, de femmes qui cherchent et ne trouvent pas, qui vivent de l’itinérance cachée, qui n’ont pas les moyens suffisants pour l’offre de logements, qui restent dans une relation malsaine pour ne pas se retrouver à la rue, avec leurs enfants…
Je me rappelle alors, que l’urgence de développer de tels logements avaient fait l’objet de recherche et d’une tournée des MRC pour sensibiliser les élu.es des Laurentides en…2004. 22 ans plus tard, le 1er juillet est à nos portes, la situation s’est aggravée, les paliers de gouvernement continuent de se renvoyer la responsabilité dans un immobilisme honteux. Quelques petites ressources financières annoncées ne peuvent rattraper des décennies d’inaction en matière de construction et planification des logements sociaux.
Dans les Laurentides, on a choisi de revendiquer le droit à l’habitation comme un élément incontournable lié à l’autonomie économique, la santé et l’égalité des femmes. Car, non seulement un logement abordable et sécuritaire assure une base solide pour agir comme travailleuses, citoyennes, mères, proches aidantes, etc., mais permet aussi à celles qui vivent des situations complexes de violences au sein de leur foyer d’avoir des options lorsque vient le temps de partir. Des alternatives doivent exister afin de pouvoir quitter un milieu toxique, particulièrement lorsqu’on a des enfants.
Qu’est-ce qui explique un tel laxisme, comme coin de pays riche et développé comme le Canada, le Québec ou la région des Laurentides ? Comment ça se fait qu’on ne voit pas ces investissements comme des ajouts intéressants aux infrastructures et aussi bénéfiques pour le produit intérieur humain ? Sans compter que l’accès au logement est un facteur d’égalité entre les genres, entre les classes et qu’ultimement il favorise une société encore plus riche. Est-ce que ça coûte vraiment plus cher ou est-ce qu’on préfère que ce soit les femmes qui en payent le prix de leur santé physique, mentale et de leur sécurité? Est-ce qu’on préfère prioriser des grands projets polluants ou belliqueux (pétrole-usine-guerre) ou on met aussi une bonne part de nos précieuses ressources collectives dans des grands projets d’impact durable pour la population ?
À la veille d’une campagne électorale provinciale, demandons aux partis et aux candidat.es de quelle manière ils entendent faciliter l’accès au logement social ou abordable. Il y a une panoplie de possibilités, il suffit de faire des choix courageux, de prioriser un développement économique qui assure aussi une meilleure santé, plus de paix d’esprit et qualité de vie pour tous et pour toutes.
Sophie Gilbert, responsable du développement au Réseau des femmes des Laurentides
