Saint-Jérôme, le 28 avril 2026. Une cinquantaine de personnes se sont réunies afin de réfléchir et de se former sur les besoins des femmes marginalisées en matière de santé sexuelle et reproductive. Voici quelques constats issus de cette journée d’échanges entre différents milieux communautaires et institutionnels :
- Des personnes marginalisées se voient exclues de certains services faute de carte d’identité ou de couverture d’assurance maladie, une réalité particulièrement marquée à Saint-Jérôme, pôle d’immigration important.
- Pour certaines femmes en situation d’itinérance, les obstacles à l’accès aux soins s’additionnent à la précarité économique, aux enjeux de consommation ainsi qu’aux barrières liées à la langue et à la littératie.
- L’accès aux soins n’est pas toujours garanti, notamment pour les personnes sans voiture qui doivent parcourir de longues distances entre les points de service, entre autres pour un accouchement ou une interruption de grossesse.
Plusieurs ont rappelé l’importance d’écouter les besoins tels qu’ils sont exprimés et de tenir compte du point de vue des personnes ainsi que de réalités de vie parfois complexes. Par exemple, les personnes de la diversité sexuelle et de genre se heurtent à des obstacles persistants qui affectent leur santé physique et mentale, notamment dans la manière dont elles sont accueillies. Au quotidien, elles peuvent aussi être exposées à de multiples formes de violence.
Par ailleurs, une intervenante de l’organisme ÉquiLibre a mis en lumière les discriminations quotidiennes vécues par les personnes grosses. Sophie Gilbert, responsable du développement au RFL souligne : « Je retiens de la présentation que la grossophobie est banalisée et généralisée et que les effets cette discrimination affectent davantage la santé que le fait de vivre avec un surplus de poids. »
Pour conclure la journée, un panel de ressources alternatives et inspirantes a permis de faire connaître des organismes indépendants et ancrés dans leur milieu. Les échanges entre le Centre de santé des femmes de Montréal, Sphère, santé sexuelle globale (Laval), Le Dispensaire et la Maison de naissance des Laurentides ont laissé les participantes sur une note d’espoir et de possibilités pour la région.
En conclusion
Le droit à la santé est essentiel au bien-être des femmes. Promouvoir et soutenir la santé sexuelle et reproductive constitue un levier d’autonomie. Isabelle Thibault, coordonnatrice générale du RFL, ajoute : « Nous avons senti un grand enthousiasme chez les participantes. Les organisations présentes se sont engagées à poursuivre leurs efforts de collaboration afin d’être encore plus sensibles aux réalités vécues et d’améliorer l’accueil de toutes les femmes ainsi que des personnes de la diversité de genre. Pour le RFL, c’est un succès. »
Une boîte à outils regroupant les différents thèmes abordés durant la journée est disponible sur le site Web du RFL : https://www.femmeslaurentides.org/journee-sante-des-femmes-2026/
Fort de cette expérience, le RFL souhaite poursuivre ses travaux sur plusieurs enjeux liés à la santé des femmes. Il espère qu’un prochain plan d’action gouvernemental en santé et bien-être des femmes sera mis en place et qu’il réitérera son appui aux concertations régionales.
