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Le communautaire à boutte : grève sans précédent dans les Laurentides

Des centaines de services essentiels suspendus pendant neuf jours

Saint-Jérôme, le 23 mars 2026 — Dès aujourd’hui, des centaines de services communautaires seront suspendus dans les Laurentides alors que plus de 75 organismes entrent en grève dans le cadre du mouvement national Le communautaire à boutte.

Du 23 mars au 2 avril, des milliers de travailleuses et travailleurs du milieu communautaire cessent leurs activités partout au Québec pour dénoncer le sous-financement chronique du secteur et exiger des investissements structurants de la part du gouvernement du Québec.

Dans les Laurentides, la mobilisation est majeure et rassemble des centaines de personnes du milieu communautaire.

« Ça fait plus de 30 ans que j’œuvre dans le milieu communautaire des Laurentides. Je n’ai jamais vu ça. C’est historique ! », affirme Benoit Larocque, coordonnateur du Regroupement des organismes communautaires des Laurentides (ROCL).

Cette mobilisation d’ampleur inédite, initiée par des organismes de Shawinigan, s’inscrit dans un mouvement national qui regroupe plus de 1500 organismes en grève à travers le Québec.

Des appels à l’aide resteront sans réponse

Dans la région, les conséquences se feront rapidement sentir.

« Juste pour les Laurentides, ce sont l’équivalent de 407 jours d’activités et de services en moins pendant les neuf jours de grève », précise Isabelle Thibault, coordonnatrice du Réseau des femmes des Laurentides (RFL).

Concrètement :

  • des appels aux lignes d’aide resteront sans réponse
  • de l’aide alimentaire ne sera pas livrée
  • des accompagnements seront annulés ou reportés
  • des personnes en détresse seront redirigées vers le 811

Le vaste territoire des Laurentides, qui s’étend de Mont-Laurier à Sainte-Thérèse, rend l’accès aux services plus difficile pour les personnes les plus vulnérables et accentue la pression sur les ressources d’aide.

 

Un filet social fragilisé

Les organismes communautaires jouent un rôle essentiel dans le maintien du filet social. Pourtant, ils doivent composer avec un financement insuffisant qui les oblige à réduire leurs services, refuser des demandes ou offrir des conditions de travail précaires.

« Notre défaut dans le communautaire, c’est de produire huit trente sous pour une piastre et là, ça suffit », résume Benoit Larocque.

Des revendications structurantes

À travers le mouvement Le communautaire à boutte, les organismes revendiquent:

  • des conditions de travail décentes
  • un financement suffisant à la mission
  • une reconnaissance pleine et entière
  • la protection de leur autonomie
  • un engagement clair du gouvernement à investir durablement

Une mobilisation qui se poursuit sur le terrain

Les organismes communautaires des Laurentides entendent maintenir la pression au cours des prochains jours.

Plusieurs actions terrain sont prévues dans la région afin de sensibiliser la population et interpeller directement les décideurs.

 

Sources :
Regroupement des organismes communautaires des Laurentides (ROCL)
Réseau des femmes des Laurentides (RFL)

Sur la photo les porte-paroles : Benoit Larocque du ROCL et Isabelle Thibault du RFL